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ADCA - Association de Défense des Contribuables Angervillois

Contact :
Jacques LASCHET




Email : adca91@laposte.net

Retrouvez régulièrement les travaux de l’association, notamment ses découvertes sur le patrimoine angervillois, dans leur lettre d’information appelée « Regard Citoyen » ou depuis leur site http://adca91.wix.com/adca ou en les contactant par mail : adca91@laposte.net

L’ADCA cherche à sauver le patrimoine le plus ancien d’Angerville

Mais où donc se trouvait Ansgerii villæ ?

Le nom de notre ville correspond de façon certaine à un ancien village médiéval, et possiblement à une ancienne villa gallo-romaine. Il s’agissait, semble-t-il, d’un grand domaine foncier qui a appartenu notamment aux capétiens, car c’est de cette époque de remonte le nom latin de notre ville. Certains pensent même identifier le seigneur avec un nommé Anschair (Ansgar en langue germanique).

La région agricole beauceronne était un fisc à l’époque romaine, quadrillée de nombreuses villas dont la plupart datent du IVème siècle. Autour de chaque villa était une zone largement défrichée, elle-même entourée de forêt. Au fil des époques médiévales ultérieures, ces aires cultivées ont été soit entretenues, soit étendues, soit encore réactivées à l’époque mérovingienne à la suite de certains abandons provoqués par les invasions barbares à la fin de l’époque romaine. D’autres extensions de défrichement ont eu lieu aux époques carolingienne et capétienne, et depuis le paysage et le réseau urbain sont restés sensiblement les mêmes. Si à l’origine les aires de cultures formaient des ilots épars dans une grande forêt, progressivement ce sont les bois et forêts qui ont formé des ilots dans un grand espace cultivé.

Certaines villas gallo-romaines ont disparu, et celles qui sont restées en activité ont été transformées en villages mérovingiens lesquels sont caractérisés par la présence d’un cimetière attenant à leur église, avec des éléments en pierre, témoins des premières christianisations. A l’époque capétienne, certains villages ont été supprimés ou relocalisés à quelque distance, ce qui permet à l’archéologue de retrouver les traces de la plupart des anciens sites d’habitat et de leur cimetière. Mais depuis le milieu du Moyen-Age à nos jours il y a eu très peu de création de nouveau village.

Alors où se trouvait l’ancien village voire l’ancienne villa d’Angerville ?
La prospection aérienne a effectivement mis en évidence la trace de plusieurs villas à proximité d’Angerville, dans les champs alentours. Mais ces sites sont relativement modestes, et les images aériennes ne permettent pas de conclure à la présence d’un éventuel cimetière mérovingien, ce qui semble signifier leur abandon avant l’an 500. Sous réserve des résultats de fouilles, aucun de ces sites ne devrait correspondre à l’agglomération qui a donné naissance à notre cité. Deux hypothèses peuvent alors être proposées pour la genèse d’Angerville :
1) la création d’un nouveau village sous les règnes des premiers rois capétiens (Hugues Capet, Robert le Pieux, Henri Ier) ;
2) la continuation d’une villa gallo-romaine, puis d’un village médiéval.
Nous pouvons avancer, comme argument en faveur de la seconde hypothèse, la distance d’un peu plus de 1000 m qui sépare le centre-ville de l’ancienne voie romaine qui reliait Chartres à Sens, passant au sud de l’agglomération actuelle et qui correspond au tracé du sentier GR111. Les villas romaines de nos contrées n’étaient pas situées directement sur la voie romaine mais typiquement à une distance 500 - 1000 m, ceci afin mieux parer aux nombreux « bandits de grand chemin » qui suivaient systématiquement les voies pour détrousser les voyageurs et piller les habitations. Ainsi pour s’attaquer à une villa les malandrins devaient-ils d’abord quitter la voie, traverser une zone à découvert, et faire face à une défense plus organisée, de quoi dissuader.
Il y a aussi cet autre indice favorable : notre église est dédiée à Saint Pierre et Saint Eutrope. Or Eutrope était le premier évêque de Saintes (III-IVème siècles) et le culte à l’apôtre Pierre était fort prisé durant la période mérovingienne qui a vu bon nombre d’églises dédiées à ce saint. Le bâtiment actuel de l’église d’Angerville est évidemment beaucoup plus tardif (XII-XVème siècles), mais rien ne nous empêche de penser qu’un édifice plus ancien ait pu exister, qui serait ensuite reconstruit et encore agrandi au fil des siècles et de la croissance de la cité. Notons encore que l’ancien cimetière qui entourait l’église a totalement disparu au XVIIIème siècle : inutile donc de chercher d’éventuelles tombes mérovingiennes dans le cimetière actuel !

Sensibilisation des Angervillois du centre-ville

L’ADCA compte bien poursuivre ces recherches, qui relèvent cependant d’une enquête difficile en l’absence de document précis avant les capétiens. Alors il faut s’en remettre aux moyens de l’archéologie. Les bonnes volontés sont évidemment les bienvenues pour nous venir en aide. Dans les deux hypothèses évoquées ci-dessus, nous avons de fortes raisons de penser que les anciennes occupations ont pu laisser des vestiges correspondant aux diverses époques successives, et ceci sous l’actuel centre-ville.

Aussi, à l’adresse des habitants du centre-ville, l’ADCA aimerait faire cette sensibilisation : en cas d’excavation ou même de terrassement, il serait bon de faire un signalement préalable en Mairie pour permettre aux archéologues spécialisés de venir y faire un rapide examen à la recherche de vestiges médiévaux, et le cas échéant gallo-romains. Cela en vaut la peine.

Il y a peut-être le trésor d’Anschair juste sous vos pieds !



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